La dune d'Amanohashidate, un des trois grands paysages du Japon


Le livre d'Alex Kerr nous a déjà expliqué beaucoup de choses sur les changements du Japon : la construction devenue folle explique le Lawson's et la nature rasée à Takanohara pour un gigantesque centre commercial, la bureaucratie explique les lignes électriques et téléphoniques partout, ou la pagode la plus haute du Japon invisible. Nous allons cette fois-ci dans une petite ville de la côte de la mer de Chine, célèbre pour sa dune fermant sa baie. Nous verrons bien si la nature est mieux préservée là-bas !

Mauvaise surprise : le train a un supplément de 1360 yens, le bout de la ligne n'est pas JR.

Plan d'Amanohashidate

A l'arrivée, les japonais suivent comme à leur habitude le "parcours officiel" : la rue shopping, le temple, à pied sur la dune, le téléphérique, on regarde la dune entre ses jambes, on prend le bus vers le temple au sommet de la colline, on redescend, on prend le bâteau, et on repart en train. Comme le dit Alex Kerr, les japonais n'aiment pas les surprises.

Nous décidons de flâner : nous parcourons la première île, puis passons sur la plage en plus de passer sous les pins couvrant la dune, et nous marchons jusqu'au belvédère au lieu de prendre le téléphérique.

L'escalier menant au belvédère

En bas, on nous indique cinq cents mètres d'ascension, mais nous avons l'impression que ce sont les plus longs cinq cents mètres de toute l'histoire du système métrique ! Du coup, nous arrivons au dessus du belvédère, et nous évitons la queue pour les observatoires de la dune. La tradition veut qu'on se place dos à la dune en contrebas, puis qu'on se penche pour regarder la dune entre ses jambes, qui ressemble alors à un pont dans le ciel.

La dune à l'endroit

La dune la tête en bas

L'effet est un peu exagéré, mais pas si faux que ça. En tout état de cause, le panorama est superbe, cette dune fermant la baie est vraiment étonnante. Nous mangeons dans le restaurant à l'étage, surplombant le panorama, puis décidons de redescendre directement. Nous passons cette fois-ci complètement par la plage en bordure de la dune, où Séverine prend en photo des méduses multicolores échouées, et l'eau où miroite le soleil couchant. Finalement, ce paysage célèbre du Japon reste assez naturel, malgré le bétonnage de la côte et le parcours obligé organisé autour.

Où est le vieux Kyoto ?


Le retour est casse-pieds : changement de train, et nous sommes obligés de prendre des places réservées, plus chères, alors que nous prenons le train dix minutes après... De retour à Kyoto, nous passons dans Pontocho, une des rues restées telle qu'au XIXème siècle (ou presque). Pas beaucoup de geisha à se mettre sous la dent cependant. Les affirmations d'Alex Kerr nous sautent alors à la figure : le Japon ne sait pas entrer dans l'ère post-industrielle, il ne s'est pas arrêté dans sa course au modernisme ultime et oublieux du passé. De plus, par certains côtés, comme les maisons préfabriquées couvertes de briquettes de plastique bizarroïde, mal chauffées et mal isolées phoniquement, ou les fils qui pendouillent dans toutes les rues, le béton grisâtre omniprésent, le Japon se sent encore pauvre et dépassé. Comme si le peuple japonais, ou son gouvernement, avait constamment besoin de se sentir pauvre, inférieur, pour toujours aller plus loin, plus haut, plus fort. Quand le Japon sera t'il apaisé, sa soif de modernité étanchée ? Ont-ils tant besoin que ça d'une revanche sur le monde occidental ? Iront-ils jusqu'à ce couler eux-mêmes dans un seppuku national, en déversant les réserves colossales de dollars dormant sous le matelas de leurs banques, pour abattre l'ennemi américain contre qui ils ont construit leur Etat moderne, kamikaze financier des temps modernes ?
Gare de Kyoto Fontaine du sanctuaire d'Amanohashidate Sanctuaire d'Amanohashidate Vue de la baie depuis le pont Vue de la baie depuis la dune Sanctuaire d'Amanohashidate Chemin au centre de la dune Vue du téléphérique menant au belvédère Vue de la dune depuis le belvédère Vue de la baie depuis le belvédère Manekineko géant Pierres votives sur la dune