A Kyoto, à vélo, on dépasse les autos...
Nous partons chercher des vélos à Demachiyanagi sur les conseils de notre travel angel. Excellent conseil et excellente affaire, 300 yens la journée, soit 1.80 euros ! Les vélos sont tout moches, mais on s'en fiche, de toutes façons les autochtones ont tous les mêmes... Et les jeunes tenant la boutique parlent anglais, ce qui peut aider. Faire du vélo le long de la rivière aux canards est vraiment très agréable, d'autant plus qu'il fait très beau. Nous partons pour le sud ouest et Fushimi Inari, le sanctuaire dédié aux renards et hôte des fameux milliers de torii, ces portes rouges vermillons marquant l'entrée des sanctuaires.
Les renards sont partout, en statue, en peluche, en masque... mais pas en vrai. Les alignements de torii, c'est sympa cinq minutes, mais le plus agréable est la balade dans la montagne, une heure trente de grimpette jusqu'au sommet et trente minutes pour redescendre. Nous profitons sur le chemin de quelques vues sur le sud de la ville, encore plus bétonné que le nord et l'est... Nous achetons de petits trucs kawaii en bas (le p'tit renard qui fait dodo en suçant son pouce...) et reprenons nos vélos en direction du Tôji.
Nous nous perdons sur la route ; le Tôji est supposé abriter la plus grande pagode du Japon, mais avec tous ces buildings dans tous les sens, on ne la voit que si on a le nez dessus ou presque !
Le temple est constitué de trois beaux bâtiments dont la fameuse pagode, un petit jardin zen quelconque, et quelques statues de bouddha dans un des pavillons. Rien de rare, mais nous en profitons pour déguster une glace au thé vert et nous faire prendre en photo ombrelle en main par des photographes professionnels.
Les deux grands classiques de l'est
Nous repartons en direction du Sanjusangendo, nommé ainsi car le bâtiment principal est constitué de trente trois piliers sur la plus grande longueur (sanjusangen = trente trois piliers, do = salle), caractéristique apparemment remarquable. Le plus intéressant est à l'intérieur : 999 statues en bronze de Kannon identiques, une statue géante de la même Kannon portant le nombre à mille, et vingt huit statues en bois des vingt huit divinités bouddhiques. Les Kannon brillent surtout par leur nombre, mais n'égalent pas en finesse et en délicatesse les divinités bouddhiques qui les gardent. La visite est un peu pénible, malheureusement, à cause des très nombreux écoliers comptant les statues sans vraiment les regarder, mais le Sanjusangendo reste un point d'orgue de notre visite kyotoite de par la qualité exceptionnelle des statues. A la sortie, nous nous faisons prendre en photo avec des écolières japonaises et leur professeur.
Nous finissons notre périple au Kiyomizudera (temple de l'eau pure), le fameux temple suspendu sur les montagnes de l'est.
Nous nous perdons un peu (encore !) mais après avoir trouvé de très belles tasses à thé dans une petite échoppe, nous nous faisons aider par trois vieilles dames dont une parle un anglais impeccable, assez rare pour être noté ! En cette fin de journée, le temple est bourré de touristes et d'écoliers, impossible de prendre une photo sans personne. Les bâtiments n'ont rien de rare, et sont plutôt petits par rapport à ce qu'on imagine sur les photos, mais la vue est splendide. Les trois cascades d'eau pure sont prises d'assaut par les écoliers ; ils peuvent en effet s'assurer de bons résultats en recueillant de leur eau. Les filles donnent la préférence aux deux pierres de l'amour véritable ; elles partent d'une de ces pierres en se cachant les yeux, et si elles atteignent l'autre en ligne droite, elles sauront trouver l'amour véritable. Nous redescendons à la nuit tombée, les magasins des rues commerçantes menant au temple sont fermés, les touristes sont partis.
La balade le long de la rivière aux canards est aussi agréable de nuit. Nous appréhendions le vélo à Kyoto, d'une part à cause de la conduite à gauche, et d'autre part parce qu'il est de coutume là-bas de rouler sur les trottoirs. En réalité, comme toujours au Japon, chacun fait attention à l'autre, et tout se passe bien. Nous rendons les vélos au son d'un tonitruant "okaerinasai" (bon retour !). Nous prenons à manger au supermarché 24/24 (crevettes, sushis, gâteaux d'automne avec des goûts bizarres comme toujours). Quelle belle journée à vélo ! Nous recommencerons pour notre journée dans l'ouest.