Himeji


Gare de Kyoto

Aujourd'hui, nous partons pour notre première excursion loin de Kyoto : Himeji, la ville du château du héron blanc. Pour ce faire, nous prenons le bus n°5 pour la gare de Kyoto. Nous croyions, comme le guide le disait, que tous les trajets coûtaient 220 yens quelle que soit la destination. Erreur : le montant augmente quand le trajet est vraiment long. Du coup, même si nous savons que nous ne ferons probablement qu'un aller-retour à la gare, nous prenons un pass à 500 yens. La gare est plus grande que dans mon souvenir, moins belle de l'extérieur mais plus de l'intérieur. L'employée du bureau du JR Pass est une japonaise plutôt masculine, grosse voix et physique à l'avenant, mais elle est très sympathique. Après avoir découvert les étages de la gare, dont le toit décoré d'un spartiate jardin nous permettant de profiter du temps magnifique, nous prenons le shinkansen pour Himeji. Les quais sont mal indiqués : la plupart sont en gros chiffres bien visibles, sauf les quatre quais des trains rapides...

Le château d'Himeji en majesté

Le train est très confortable, et on a beaucoup de place pour les jambes. Le voyage se passe sans encombres, même si on est un peu gêné par les incessantes annonces vocales. Himeji est baignée de soleil, et nous prenons la grande avenue en direction du château où nous croisons beaucoup d'occidentaux en goguette. Le château est vraiment très majestueux, comme prévu, perché sur son éperon rocheux en plein milieu de la ville. Sa visite est un parcours bien huilé à travers les remparts et portes défensives, dont un passage dans un couloir de gardes et les appartements d'un petite-fille de Iyeyasu, l'unificateur du Japon médieval, mariée à un seigneur du lieu.

Le jardin de cette aile ouest est tout empreint de l'esthétique samurai : on peut avoir un château défensif à sept enceintes et un jardin d'agrément. Les différentes vues sur le château offertes par le chemin permettent de le voir sous toutes les coutures. Nous croisons des jeunes et des vieux japonais, mais heureusement moins d'écoliers qu'au Todaiji. De près, la bête est vraiment impressionnante. L'intérieur est sobre, tout de bois, avec des escaliers très pentus, même pour le Japon, et pour les japonais. Un p'tit vieux fait l'ascension avec nous, nous laissant passer à chaque fois avec un sourire, nous échangeons quelques mots.

Point très pratique : des sacs à chaussure ou à parapluie permettent de transporter ceux-ci lors des trajets intérieurs où on ne revient pas à son point de départ. Des kakemono et autres objets ayant appartenu aux derniers seigneurs du lieu sont exposés et photographiables. Dans la salle du faît trône un autel shinto concentrant les attentions. La descente se fait beaucoup plus rapidement.

Nous nous dirigeons alors vers le jardin Kokoen attenant au domaine du château. Nous y mangeons du congre grillé délicieux devant l'étang principal, puis nous visitons ce jardin absolument magnifique. Chaque vue est plus belle que la précédente, et Séverine s'attarde longuement pour prendre des photos.

Jardin Kokoen

Nous croisons de vieilles dames en fauteuil bien sympathiques, et de nombreux occidentaux. A la sortie, un petit questionnaire en français diffusé par l'université d'Himeji est disponible, je le remplis. Nous repartons à la gare ; la montagne shosha, et son temple où a été tourné le dernier samurai, ne seront pas honorés de notre présence. Le voyage retour est plus serré puisque nous recevons les billets dix minutes avant le départ... Arrivés à Kyoto, nous avons un mal de chien à trouver le bon bus, et finalement nous décidons de nous arrêter pour trouver le bar à sake indiqué dans le guide Michelin, Yoramu.

Yoramu


Il n'est pas évident à trouver, l'avenue Nijo n'étant indiquée nulle part sur les plans et dans les rues. Nous la devinons en extrapolant sur le placement des autres (Nijo veut dire deuxième avenue, logiquement entre la première et la troisième, donc !), mais tout le long du périple, nous doutons d'être dans une avenue tant elle ressemble à une impasse de hameau gersois. De plus, les rues qui la croisent ne sont pas indiquées non plus par des panneaux, et la nuit est noire. En désespoir de cause, nous inspectons toutes les devantures ressemblant de près ou de loin à une échoppe. Bien nous en prend, car l'entrée n'est pas très visible elle non plus ; seul un panneau lumineux discret en japonais indique l'entrée du bar, et encore, si un gros chat n'avait fait les cent pas devant l'entrée, nous ne l'aurions sans doute pas trouvée. Nous passons par un petit jardin de pierres ratissées, trait d'union entre la rue et le monde du sake, et nous arrivons dans le saint des saints. Il est 18h15, le bar vient d'ouvrir, le patron Yoram est seul. Nous nous asseyons au comptoir à son invitation, et il nous guide à travers une découverte du sake : la qualité du riz, les différences de fermentation, toute la palette de goût que l'on peut obtenir... Nous goûtons six sake différents, deux relativement acides, le deuxième très semblable à un hermitage blanc, deux doux auxquels vont nos préférences, en particulier "Beauté orientale", Tôhôbijin, et deux amers. Le goût de ces derniers me dit quelque chose, et Yoram l'identifie à un goût de tsukemono, les légumes marinés japonais. Un habitué arrive vers la fin de notre degustation, et choisit un sake effervescent. Devant notre perplexité, Yoram nous explique que comme tout alcool, la fermentation du sake dégage du gaz, et il est possible d'embouteiller le sake avec son gaz de fermentation. Il nous offre un petit verre pour goûter, l'effet est intéressant.

Des toilettes au Japon


Nous repartons enchantés et grisés, mais la vessie de Séverine faisant des siennes, nous nous arrêtons dans les toilettes de la gare de Sanjo. Elle y découvre un autre type de toilettes décrit dans les guides : celles avec un bruit d'eau qui coule simulé en continu pour éviter qu'on entende le bruit du pipi de ses dames. Paraît-il que de nombreuses japonaises tirent en continu la chasse d'eau dans ce but, ce qui évidemment gâche beaucoup d'eau. Nous avons donc :

- les toilettes à la turc standards,
- les toilettes à la turc avec bruit incorporé,
- les toilettes européennes standards,
- les toilettes de l'espace, avec divers jets pour se récurer le fondement et lunette chauffante.

Pas étonnant que Toto, le grand fabricant japonais de toilettes, soit numéro 1 mondial !

Les japonais attendent très patiemment en file indienne aux bus, ce qui est assez rigolo à voir de loin. Parfois, ils s'avancent pour regarder l'horaire, mais, chose incroyable, quand ils reviennent dans la file, ils ne reprennent pas leur place mais se mettent au fond. On assume les conséquences de son impatience !

Nous revenons à la maison, où je prépare un succulent curry japonais parfaitement bien dosé, bien que Séverine prétende le contraire (trop de sauce soit disant). Du coup, double dose pour moi !

Le soir de la long de la rivière Kamo

La rivière aux canards au crépuscule
Tour de Kyoto Bus kawaii à Himeji Château de Himeji de l'entrée Montée des fortifications du château d'Himeji Intérieur du pavillon des gardes du château d'Himeji Vue de la ville depuis le sommet du château d'Himeji Vue de la ville d'Himeji Congre grillé sur lit de riz A l'entrée de restaurant Entrée du Kokoen Etang principal du Kokoen Etang principal du Kokoen Etang principal du Kokoen Etang principal du Kokoen Chemin caillouté au Kokoen Poutou attendant le bus dans la file d'attente