Down the memory lane


Nous partons le matin pour Demachiyanagi, la station de train la plus proche de l'appartement (30 minutes quand même). Séverine découvre le système de paiement du rail japonais : le prix du ticket varie en fonction de la station de départ et de celle d'arrivée, et tout est indiqué sur une carte pas toujours très claire. La station est assez vide, il est 9h00. Nous changeons à Tambabashi, pour prendre la ligne Keihan, non JR, afin de s'arrêter à Taka no Hara, la station proche de l'appartement où habitait François il y a dix ans. Nous cherchons à vérifier auprès d'une japonaise, la cinquantaine, si le train va bien à Taka no Hara, mais malgré ses demandes alentour, elle ne sait pas nous le dire, ce qui nous fait sauter un train possible. La gare n'a pas changé, mais la ville, si. Le lawson, chaîne de magasins ouverts 24h/24h, et le petit parc derrière lui ont été remplacés par un immense cube gris-beige de 8 étages et de plus de 300m de long abritant un multiplex nommé Aeon et une galerie commerciale. Pourtant, l'ancien petit centre commercial qui existe toujours suffisait bien à l'époque, et la ville n'a pas l'air d'avoir augmenté de population... Celui-ci est plus clair qu'auparavant, et à cette heure matinale, il est plein de personnes âgés. Séverine y trouve des "toilettes de l'espace" qu'elle photographie. Nous partons pour la maison, je me perds un peu dans le dédale des rues de ce Saint-Quentin en Yvelines japonais, mais grâce aux gamins hurleurs de l'école, je m'y retrouve. Elle n'a pas bougé, tout juste une ou deux maisons du voisinage ont été agrandies. La rue le long du ravin a été renforcée d'un mur antibruit dont on se demande bien le but, et on y trouve toujours des voitures arrêtées sans raison apparente et aux vitres couvertes de buée...

Nara, ses daims, son Bouddha géant


Plan du parc de Nara


Daim du parc de Nara

Nous repartons vers Nara, dont la plupart des attractions touristiques se trouvent dans le grand parc proche de la gare. Nous visitons le Kofukuji, un peu décevant si ce n'est le pavillon des trésors abritant quelques belles statues, dont une immense statue de Kannon aux mille bras toute en bois de près de 3m, et de très fines statues des protecteurs du bouddha. Nous allons déjeuner dans un restaurant kaiseki de l'arcade commerçante proche de la gare, qui propose des teishoku abordables (plateaux repas complets), mais plus chers qu'indiqué dans le guide qui a dû se tromper avec le restaurant d'à côté !

Déjeuner à Nara

Le plateau est très joli, avec de jolies petites choses bizarres à l'agar agar et de la gelée de thé vert. Une femme japonaise, la quarantaine élégante, nous aide à trouver le restaurant ; elle a vécu à Munich, et du coup se fait un honneur d'aider de pauvres occidentaux perdus dans son pays...

Nous revenons vers le parc, et finalement je prends du sembei pour nourrir quelques uns des nombreux daims se promenant librement. Je suis littéralement attaqué par les cervidés, qui devant ma lenteur à défaire le paquet me mordent le dos et me courent après, le tout filmé par Séverine pour la postérité... Nous partons alors pour le Todaiji, antre du bouddha géant de bronze, bourré à craquer d'écoliers de tous âges.

Le Todaiji en majesté

Le bâtiment est immense, le plus grand édifice de bois du monde, et nous nous demandons bien comment il a été possible de fondre un bouddha de 16m de haut en bronze au IXème siècle. La sculpture manque cependant d'un peu d'élégance et d'âme.

Grand bouddha de bronze du Todaiji

Malheureusement, les explications sont peu nombreuses ; seules des maquettes montrent les différentes versions du bâtiment, qui fut à son plus haut au XVIIème siècle, dix mètres de plus qu'aujourd'hui. Le p'tit coeur se laisse tenter par un minuscule bouddha tenant Kitty dans ses bras, le kawaii est partout ! Nous poursuivons notre promenade dans le parc par la visite d'un temple sur pilotis pourvu d'une très belle vue sur la ville. La poutou a encore craqué pour une kitty, mais la vendeuse lui rend le mauvais compte de monnaie. Je négocie les 1000 yens manquants.

Départ pour le Kasuga-Taisha, qui vaut le détour, non seulement par ses milliers de lampe, mais aussi par son architecture.

Entrée du Kasuga-Taisha - Nara

Nous sommes presque seuls, à part deux jeunes japonais à la fin de la visite qui cherchent une salle pour se marier. Nous repartons vers la gare à travers la forêt, quand Séverine s'aperçoit qu'elle a effacé les photos de Taka no Hara. Nous décidons d'y repasser faire des photos de nuit, puis des courses dans le centre commercial proche de la gare (bière, umeshu, gâteaux, fruits et légumes...). Nous retrouvons à 18h00 les mêmes distributeurs de tract que le matin, qui doivent bien se demander ce que font ces occidentaux à tourner toute la journée dans le coin ! La scène de la sortie de la gare où la quasi totalité des personnes rentrant du travail s'échappe vers le nouveau multiplex a quelque chose de Métropolis. Nous faillons de manquer notre correspondance, mais je comprends à temps l'annonce qui nous prévient du fait que le train part pour Osaka et pas Kyoto...

Du coup, nous rentrons bien tard à la maison, d'autant plus que nous sortons trop loin à Demachiyanagi. Quelques constatations : les trains n'ont pas l'air pleins à l'intérieur, mais on retrouve un monde fou aux correspondances. Cela doit être du au calme des passagers dans le train : pas de "allo, t'es où ?" hurlé à qui veut l'entendre, les japonais tapotent sur leurs gros portables rectangulaires, mais n'appellent pas avec. La foule est présente, mais on ne la ressent pas. Les japonais sont également très organisés dans leurs transports : personne ne cherche son chemin, chacun va droit au but, le bon train à la bonne heure sur le bon quai. Séverine remarque aussi que le japonais est très doué pour regarder dans le vide, à côté, personne en particulier. Très agréable pour éviter les regards suspicieux, ou pour les filles, concupiscants, et du coup elles se permettent des habillements assez osés par fois ; il n'est pas rare de croiser des jeunes filles portant des bas allant jusqu'à mi-cuisse, la jupe arrivant juste au dessus. La japonaise entre 18 et 30 ans sait être élégante tout en étant originale : un accord différent chapeau/coiffure, des fanfreluches persos... Je ne sais quand et pourquoi ce don s'acquiert ou se perd, car la plupart des adolescentes jusqu'au collège sont en uniforme, et passé la trentaine, s'habillent de façon nettement plus classique (tailleur pour les femmes actives, jupes sages pour les mères au foyer). La japonaise ayant vécu à Munich est un parfait exemple d'élégance mûre japonaise : tailleur beige clair assorti aux chaussures, permanente impeccable, maquillage discret.
Pagode à trois étages - Kofukuji - Nara Pagode à cinq étages - Kofukuji - Nara Daims en liberté et étudiants japonais Daims en liberté au bord du parc Panneau attention aux daims Pavillon Tokondo - Kofukuji L'entrée du Todaiji vue de loin L'entrée du Todaiji vue de face Jarre à encens à l'entrée du Todaiji Daim cherchant sa pitance Lanternes de pierre Nigatsudo - temple sur pilotis - Nara Shoso-in Vue sur Nara depuis le Shoso-in Entrée du Kasuga-Taisha - Nara Intérieur du Kasuga-Taisha - Nara Lanternes au Kasuga-Taisha