Vol et tracas


Nous sommes partis le vendredi à 13h50 de Roissy, pour atterrir à Osaka le samedi à 8h10. Nous sommes agréablement surpris de disposer en classe économique d'écrans personnels où nous pouvons choisir les films de notre choix. Le vol se passe tranquillement. Le passage à l'immigration dure un temps fou, on ne se sent pas vraiment le bienvenu : les japonais, facilement dix fois plus nombreux, ont logiquement la majorité des guichets (dix contre deux), mais sont tous passés en dix minutes chrono alors que la file des étrangers se traîne à cause des photos et des prises d'empreinte digitale, sans compter que vous ne rentrerez pas sans donner votre adresse de résidence (et tant pis si vous l'avez mise dans votre valise, il fallait la prendre avec votre sac et pas la mettre trop profond...). Une fois les japonais passés, certains guichets sont réouverts pour nous, et le rythme s'accélère enfin. Nous récupérons nos bagages pratiquement les derniers de notre vol...

Le transfert en minibus de deux heures nous permet de constater qu'Osaka est toujours aussi moche : un océan de béton allant du grisâtre à l'ocre sale en passant par toutes les teintes les plus tristounettes de l'arc-en-ciel. Nous sommes les derniers déposés par le minibus, décidément, et le conducteur n'est pas très sûr de l'adresse ; cela n'est pas étonnant, au Japon, peu de noms de rue, on retrouve les adresses par nom de quartier et numéro de bloc d'immeuble, et les numéros de maison sont dans l'ordre de construction et pas dans l'ordre dans le bloc... Les japonais eux-mêmes, pour ne pas se perdre, se retrouvent en général dans un lieu public quand ils visitent une nouvelle connaissance ! De mal en pis, le chauffeur se trompe en tapant le numéro de notre contact. Entre alors en scène la chef du voisinage, japonaise entre deux âges, un oeil regardant le plafond et l'autre le plancher. Elle semble chercher à nous aider, et après quelques tergiversations avec le chauffeur, ils décident de sonner à la porte de la maison, et notre travel angel Eri apparaît enfin. S'en suit une longue conversation entre elle et la chef du voisinage, alors que nous avons fait douze heures de vol et deux heures de bus, où la vieille bique se plaint de voir les travel angels changer tout le temps, de ne pas savoir qui prévenir, tout cela est bien génant pour le voisinage, vous comprenez, ma bonne dame. Tout le paradoxe de la politesse japonaise en une saynète, notre travel angel faisant de son mieux pour converver le bon voisinage sans nous laisser prendre racine...

Premiers contacts


Après avoir reçu toutes les informations du travel angel sur le fonctionnement de la maison et les alentours, dont le très pratique magasin Fresco ouvert 24h/24h tout près de la maison, nous nous installons puis partons vers le Ginkakuji, le pavillon d'argent. Le complexe est toujours aussi magnifique, son entrée en une allée bordée d'arbres touffus masquant à la fois la ville d'où l'on vient et le jardin où l'on rentre la meilleure des préparations à l'émerveillement. Les tickets couverts de kanjis n'ont pas changé non plus. Par contre, malheur, le pavillon principal est en réfection ! Le jardin, mélangeant habilement jardin sec figurant la mer et le mont Fuji, mousses de toutes sortes et arbres tortueux sur fond de montagne, se suffit bien à lui-même, chef d'oeuvre de l'art paysager japonais, mais c'est tout de même pas de chance ! Le pavillon d'argent a été conçu comme la retraite d'un shogun, et c'est bien la retraite parfaite pour méditer, que ce soit dans le matin couvrant de rosée les mousses, au crépuscule faisant rougeoyer les érables de mille feux à l'automne, ou au clair de lune diaprant les pierres de la mer sèche. Nous devons, paraît-il, le jardin à Soami, grand esthète du XVème siècle. Grâce lui soit rendue ! Détail qui a son importance dans la compréhension du Japon, ce grââl de l'occidental en goguette ici : bien que le jardin ait l'air parfaitement naturel, on remarque un peu partout des jardiniers à l'oeuvre, qui replaçant une mousse, qui élagant aux ciseaux des minuscules touffes d'herbe. Preuve qu'ici, comme dans tous les jardins japonais et dans toute l'esthétique japonaise, la nature est recréée par l'homme, dans l'ambition prométhéenne de la rendre parfaite.

A première vue, les japonais n'ont pas tellement changé d'attitude envers les occidentaux. Certains sont intéressés, d'autres carrément repoussés, comme cette dame qui change de rayon dans le supermarché dès que nous rentrons dans le sien. Par contre, l'acceptation du fait qu'un occidental puisse parler japonais semble avoir progressé, à moins que ce ne soit mon japonais qui ait régressé...

Nous nous couchons assez tôt, mais le décalage horaire ne se fait pas trop sentir, grâce au décalage régulier de notre heure de lever en France.
Vue aérienne du pavillon d'argent Ginkakuji
Plan du pavillon d'argent Ginkakuji Lac de sable au pavillon d'argent Ginkakuji Paravents au pavillon d'argent Ginkakuji Pavillon Togudo au pavillon d'argent Ginkakuji Pavillon Togudo dans les arbres au pavillon d'argent Ginkakuji Pavillon Togudo sur l'étang au pavillon d'argent Ginkakuji Pavillon Togudo sur l'étang au pavillon d'argent Ginkakuji