Le mont Misen
Nous sommes en retard au petit-déjeuner, ce qui nous attire un regard noir de grand-mère. Le petit-déjeuner est plutôt occidental, pendant lequel nous voyons passer dans le fond des écoliers japonais partis escalader le mont Misen, point culminant de l'île.
Nous partons ensuite à leur poursuite, à pieds plutôt qu'avec le téléphérique. La montée n'est pas de tout repos mais se fait sans grande difficulté.
Nous doublons les écoliers, nous gratifiant comme toujours de leurs "hello" bizaremment prononcés. Pas le temps de les détromper sur notre nationalité, nous avons un panorama à découvrir ! Nous ne croisons aucun des singes farceurs qu'on nous a vanté arpenter ces montagnes.
Arrivés au faît, la vue est splendide, à 360° sur la côtz et sur de nombreuses autres petites îles. Une longue-vue nous permet de voir le torii de près malgré la distance. Nous sommes rejoints par les américains partis un peu après nous, et les écoliers japonais qui arrivent peu à peu. Même ici, à 535m, nous sommes ravitaillés en soda par un distributeur, mais le responsable de l'observatoire doit l'ouvrir à la main... La descente se fait par l'autre face, sur un chemin nettement plus bétonné. Des panneaux expliquent que c'est pour éviter des crues ayant endommagé les maisons en contrebas, mais après tout ce qu'en a dit Alex Kerr, nous doutons de tout.
Après-midi de marche
Nous achetons une pelle à riz sculptée, un pot à sake, puis repassons à l'hôtel pour rassembler des affaires à envoyer par la poste afin d'alléger nos valises. Nous choisissons l'envoi par bâteau, qui au final prendra près de deux mois, mais est nettement, nettement moins cher que l'avion. Nous prenons notre déjeuner dans un restaurant dont les spécialités sont les plats à base d'huitre cuite : je prends un okonomiyaki d'Hiroshima aux huitres, où la pâte est remplacée par des nouilles, et Séverine prend du oyakodon où le poulet est remplacé par des huitres. Les huitres cuites ont à peu près le goût des moules, avec une consistance plus spongieuse. Par la suite, nous poussons à pieds jusqu'à la base de loisirs, pour nous apercevoir que la montagne n'est pas praticable sur ce versant-là : trop de végétation bloque la route. Nous faisons le chemin dans le sens inverse, une bien longue trotte qui nous fait arriver presque à la nuit. Cette promenade est un ilot de calme dans tous ces coins touristiques que nous avons traversés jusque là : des parcs à huitre, quelques pécheurs au ralenti, un collège inoccupé, des bungalows vides, spectacle classique d'une station balnéaire hors saison.
Le dîner est légérement différent, grand-mère nous connaît mieux et discute plus ; je parle un peu en japonais avec elle. Les convives sont moins ouverts que ceux de la veille, dommage. Nous nous arrangeons pour le lendemain : petit-déjeuner à 7h30 et dépose minute au ferry pour ne pas rater le train pour le Mont Koya !